CANADA AUX JEUX D'ÉTÉ

1980 - Moscou

Du 19 Juillet au 3 Août

Les Jeux olympiques de 1980 se tenaient pour la première fois dans un pays communiste, mais ce fut presque une fête entre les nations socialistes. L'invasion soviétique de l'Afghanistan en décembre 1979 provoqua un boycottage massif des Jeux. Le président américain Jimmy Carter refusa d'envoyer des athlètes américains, à moins que les Soviétiques ne se retirent de l'Afghanistan. L'U.R.S.S. refusa l'ultimatum ; conséquemment, plus de 40 pays n'envoyèrent aucun athlète.

Seulement 81 pays participèrent aux Jeux, le plus faible total depuis 1956. L'année précédente, plus de 100 nations étaient présentes aux Jeux spartakistes organisées à Moscou. Lors des cérémonies d'ouverture, quelques pays, notamment la France, défilèrent derrière le drapeau olympique plutôt que derrière leur drapeau national. Malgré l'absence des athlètes américains, canadiens, japonais et ouest-allemands, il y eut davantage de records mondiaux établis à Moscou qu'à Montréal.

En gymnastique, tous surveillaient attentivement les performances de la Roumaine Nadia Comaneci. Grande vedette des Jeux de Montréal, Comaneci, maintenant âgée de 18 ans, avait la lourde tâche de répéter ses exploits. Au concours multiple, la lutte était très serrée entre Comaneci et la Soviétique Elena Davidova. La médaille d'or allait se jouer au dernier engin, la poutre, justement le point fort de Comaneci. Cette dernière devait absolument récolter une note minimale de 9,95 pour terminer première. Comaneci exécuta une routine sans faute, quoique sans la magie de 1976. Plus de trente minutes après sa performance, le jury délibérait toujours sur la note à accorder à Comaneci. Finalement, le tableau indiqua un 9,85 et c'est Davidova qui obtint la médaille d'or. Comaneci gagna tout de même à Moscou quatre médailles, dont deux d'or.

En gymnastique masculine, l'absence des Japonais permit aux Soviétiques de faire le plein de médailles. Aleksandr Dityatin récolta huit médailles (3 d'or, 4 d'argent et 1 de bronze), alors que son compatriote Nikolai Andrianov en amassait cinq, dont deux d'or.

La natation fut particulièrement touchée par l'absence des puissances occidentales. Chez les femmes, la R.D.A. raffla tout, les nageuses allemandes remportant 11 médailles d'or et 26 médailles au total sur une possibilité de 39. L'Allemande Barbara Krause récolta trois médailles d'or en style libre. Chez les hommes, la vedette fut le Soviétique Vladimir Salnikov, qui remporta trois médailles d'or. Sa victoire la plus impressionnante eut lieu au 1 500 mètres style libre ; il y fut le premier homme à franchir la barre des 15 minutes, arrêtant le chrono à 14:58,27.

L'événement des Jeux olympiques de Moscou en athlétisme fut l'affrontement entre Sebastian Coe et Steve Ovett lors du 800 mètres et du 1 500 mètres. Les deux rivaux étaient favoris pour remporter chacun une course ; Coe au 800 mètres et Ovett au 1 500 mètres où il était invaincu depuis près de trois ans. C'est l'inverse qui se produisit. Ovett arracha la victoire au 800 mètres devant Coe, ce dernier triomphant au 1 500 mètres alors qu'Ovett se contentait du bronze.

L'Éthiopien Miruts Yifter remporta le 5 000 mètres et le 10 000 mètres, Waldemar Cierpinski gagna le marathon, tout comme en 1976, alors que le Britannique Daley Thompson était le vainqueur au décathlon, et que son compatriote Alan Wells méritait l'or au 100 mètres avec un temps de 10,25, ce qui en faisait le médaillé d'or le plus lent depuis 1960.

À la fin des Jeux, l'U.R.S.S. avait amassé 195 médailles, dont 80 d'or, la R.D.A. était seconde avec 126 médailles, dont 47 d'or.

ARTICLES ANNEXES

  • Tableau des médailles par pays

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