DICTIONNAIRE
DES SPORTS DU
QUÉBEC

Leclerc, Maurice

tennis

Né le 16 mars 1929. Discipline : tennis. Arbitre et juge de lignes.

L’une des personnalités les plus influentes du tennis canadien, Maurice Leclerc a joué un rôle primordial dans le développement de ce sport au Québec et au Canada. À titre de bénévole, il a passé plus de 60 ans à s’impliquer dans le monde du tennis comme officiel, organisateur, administrateur et promoteur.

Son implication au tennis débute dans les fonctions d’officiel ; de 1947 à 1965, il est juge de lignes, puis arbitre à des compétitions au niveau provincial, national et même international ; à cette époque Leclerc est considéré comme l’un des meilleurs juges de lignes au Québec et au Canada. D’ailleurs en 1948, il devenait le premier Canadien à être admis au sein de la prestigieuse USLTA Umpires Association. Par la suite, il s’affaira à promouvoir l’arbitrage dans la province. Il adapta et traduit en français le très élaboré cours d’arbitrage américain. Leclerc est le premier formateur d’arbitres et de juges de lignes au Québec offrant des leçons partout au Québec. De plus, il fonda l’Association des arbitres et des juges de lignes du Québec en 1948 et en fut le premier président.

De 1949 à 1952, il accepta la présidence du développement junior au sein de l’Association provinciale de tennis. Son leadership a permis à plusieurs joueurs de niveau junior de poursuivre leur carrière et à atteindre leurs buts et dans plusieurs cas de dépasser leurs objectifs.

De 1950 à 1954, Leclerc est invité à arbitrer plusieurs compétitions de calibre international, dont plusieurs aux États-Unis. Il fut le premier Canadien à officier lors aux championnats Volvo International, disputés au mont Washington dans le New Hampshire. Il sera aussi d’office aux Championnats américains en salle (U.S. Indoor Nationals), disputés à Philadelphie, ainsi qu’aux Internationaux des États-Unis, alors tenus à Forest Hills. Leclerc a eu le privilège d’arbitrer des parties mettant aux prises de légendes telles que Rod Laver, Roy Emerson et Fred Stolle.

La renommée de Leclerc fit en sorte qu’il est invité à arbitrer des matchs du tournoi invitation du Club des employés civils, disputé à Québec, une compétition regroupant huit des meilleurs joueurs au monde. En 1969, on lui demande d’officier les compétitions de tennis lors de la première édition des Jeux d’été du Canada tenus à Halifax. En 1971 et 1972, on le retrouve comme arbitre du tournoi Rothmans WCT (World Championship Tennis) qui s’est déroulé au PEPS de l’Université Laval à Québec.

Au début des années 1970, Leclerc effectua la transition à la fonction dirigeant. De 1973 à 1977, il agit comme président et directeur du tournoi Rothmans WCT disputé à Montréal ; Leclerc a réussi à convaincre les dirigeants de la compagnie Rothmans de tenir une étape de la WCT à Montréal, un marché tennistique sous exploité. Il portera tous les chapeaux afin de faire de cette compétition un succès ; il sera l’arbitre lors de certains affrontements, relationniste avec les médias et maître de cérémonie. En 1973, à titre de président du tournoi, il invita le joueur canadien le mieux classé à prendre part au tournoi : Richard Legendre. À titre de relationniste, Leclerc rédige lui-même les communiqués de presse et il les livre aux médias afin de s’assurer la meilleure couverture médiatique possible.

En 1978, il joua un rôle clef dans la présentation du premier championnat de double de la WCT, négociant avec le magnat du pétrole et propriétaire des Chiefs de Kansas City (NFL), Lamar Hunt. Cette nouvelle compétition remplaça le tournoi Rothmans WCT et Leclerc en assumera la direction. Quel grand succès fut cette édition, avec la participation de Bjorn Borg, d’Arthur Ashe et 22 journalistes européens couvrent le tournoi. Devant l’ampleur succès, le tournoi est déménagé à Londres l’année suivante!

De 1980 à 1983, il devient le premier président et directeur des Internationaux de tennis du Canada présentés pour la première fois à Montréal en 1980. Connus sous le nom des Internationaux Players’, cette compétition deviendra la coupe Rogers. Lors de l’édition de 1980, Montréal accueillit un tournoi féminin de démonstration et l’année suivante, Ivan Lendl fut sacré champion de la première épreuve masculine se déroulant en sol montréalais.

Leclerc fut aussi président du comité de sélection de l’équipe canadienne de la coupe Davis en 1964 et 1965. Il organisa des tournois à la ronde mettant aux prises les meilleures raquettes canadiennes afin de choisir les joueurs qui allaient faire équipe avec François Godbout et Keith Carpenter. Il fut aussi membre du comité organisateur des rencontres de la coupe Davis, qui attiraient pas moins de 3 500 spectateurs sur trois jours.

Réalisant le besoin des joueurs juniors canadiens d’affronter les meilleurs tennismen internationaux, Leclerc approcha les consulats étrangers afin d’organiser des rencontres juniors par équipes. En 1965, la compétition regroupait trois pays, alors qu’en 1966, cinq pays s’affrontaient. Lors de cette édition, présentée à Duvernay, il fera équipe avec Lionel Duval pour la description des rencontres à Radio-Canada. De 1967 à 1970, cette compétition devient la Silver Cup sous la commandite de Pepsi Cola.

Dans le cadre de l’Expo ’67, il assistera à Fred Carpenter dans l’organisation d’une importante démonstration de tennis présentée lors de la journée de l’Australie à la Place des Nations. Dans un format inspiré de la formule de la coupe Davis, plus de 10 000 spectateurs assistèrent à un match de double mettant en vedette les Australiens John Newcombe et Tony Roche contre les Américains Arthur Ashe et John McEnley.

De 1992 à 1996, il sera membre du conseil d’administration de la Fondation des amis du tennis et président du conseil pendant 10 ans, de 1996 à 2005.

Intronisé au Temple de la renommée du tennis canadien à titre de bâtisseur (2002). En 1996, le Panthéon du tennis québécois lui décernait l'Hommage Lupien-Picher à titre de bâtisseur du tennis québécois. Intronisé au Temple de la renommée de la coupe Rogers. Intronisé au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec (2013). Récipiendaire du Maurice Hommage Jacques-Beauchamp (2013) décerné dans le cadre du Gala Sports Québec. Président honoraire des Internationaux de tennis junior du Canada, disputés à Repentigny (2000).