DICTIONNAIRE
DES SPORTS DU
QUÉBEC

Ligue nationale de hockey

ligues

Lorsque l’Eastern Canada League refusa que les Millionaires de Renfrew se joignent elle, le propriétaire de l’équipe, Ambrose O’Brien, décida de créer son propre circuit: la National Hockey Association of Canada (NHAC), qui commença ses activités en 1910 avec les Canadiens de Montréal, les Wanderers de Montréal, les Shamrocks de Montréal, les Sénateurs d’Ottawa et les Millionaires de Renfrew.

Le 22 novembre 1917, dans un grand hôtel de Montréal, la NHAC devint la Ligue nationale de hockey (LNH), sous la présidence de Frank Calder. La LNH comprenait alors les Canadiens et les Wanderers de Montréal, les Sénateurs d’Ottawa et les Bulldogs de Québec. Ces derniers, cependant, ne commencèrent pas leurs activités immédiatement et furent remplacés par les Arenas de Toronto. Les Bulldogs revinrent en 1919, mais déménagèrent l’année suivante à Hamilton.

Les années 1920 furent des années fastes pour la LNH, au cours desquelles de nombreuses équipes, principalement américaines, se joignirent à elle: les Maroons de Montréal et les Bruins de Boston en 1924, les Americains de New York et les Pirates de Pittsburgh en 1925, puis les Black Hawks de Chicago, les Cougars de Detroit et les Rangers de New York en 1926.

La crise économique des années 1930 ne fut pas tendre à l’endroit de la LNH. Plusieurs clubs durent faire face à de graves problèmes financiers, notamment Pittsburgh, qui déménagea à Philadelphie puis ferma boutique en 1931. Les Sénateurs d’Ottawa devinrent les Eagles de Saint Louis, mais ceux-ci s’éteignirent en 1935. Puis disparurent aussi les Maroons en 1937 et les Americans de Brooklyn (anciennement de New York) en 1942. De 1942 à 1967, la LNH ne compta que six équipes : les Canadiens de Montréal, les Maple Leafs de Toronto, les Bruins de Boston, les Rangers de New York, les Red Wings de Detroit et les Black Hawks de Chicago.

Des changements majeurs survinrent en 1967 avec l’arrivée de six nouveaux clubs : les Flyers de Philadelphie, les Penguins de Pittsburgh, les North Stars du Minnesota, les Blues de Saint Louis, les Seals d’Oakland et les Kings de Los Angeles.

Malgré la fragilité des plusieurs équipes de l’expansion de 1967, la LNH élargit de nouveau ses cadres en 1970 avec la venue des Sabres de Buffalo et des Canucks de Vancouver. La compétition féroce que livra l’Association mondiale de hockey à partir de 1972 n’empêcha pas la LNH de continuer d’accueillir de nouvelles équipes : les Flames d’Atlanta et les Islanders de New York en 1972, puis les Scouts de Kansas City et les Capitals de Washington en 1974.

La forte croissance des salaires dans les années 1970, conséquence de la lutte à finir entre les deux circuits rivaux, ébranla quelques formations de la LNH. En 1976, les Seals de la Californie devinrent les Barons de Cleveland et les Scouts de Kansas City déménagèrent au Colorado. En 1978, à cause de leur situation financière catastrophique, les Barons de Cleveland n’eurent d’autre choix que de fusionner avec les North Stars du Minnesota.

La guerre entre la LNH et l’AMH prit fin en 1979 lorsque la LNH accepta dans ses rangs les Nordiques de Québec, les Jets de Winnipeg, les Oilers d’Edmonton et les Whalers de Hartford. Les années 1980 furent passablement calmes. Les Flames se retrouvèrent à Calgary, Colorado fut transféré au New Jersey et la LNH stabilisa ses concessions, mais ne réussit pas vraiment à profiter de l’intérêt pour le hockey que souleva aux États-Unis la médaille d’or obtenue aux Jeux olympiques de Lake Placid en 1980.

C’est à partir de 1988 que le hockey gagna en popularité aux États-Unis lorsque Wayne Gretzky fut échangé aux Kings de Los Angeles. Ce grand ambassadeur du hockey sut séduire les Américains. De nouvelles concessions virent le jour: les Sharks de San Jose en 1991, les Sénateurs d’Ottawa et le Lightning de Tampa Bay en 1992, les Panthers de la Floride et les Mighty Ducks d’Anaheim en 1993. Avec le déménagement des North Stars du Minnesota à Dallas, la LNH réussit une autre percée dans le sud des États-Unis, espérant ainsi obtenir un lucratif contrat de la télévision américaine.

Le boom du hockey aux États-Unis permit aux joueurs de décrocher d’importantes hausses salariales. Il était inévitable que des luttes de pouvoir se produisent entre joueurs et propriétaires au moment des renégociations des conventions collectives. Ainsi, le 1er avril 1992, les  joueurs déclenchèrent une grève, mais retournèrent au jeu 12 jours plus tard; les séries éliminatoires étaient sauvées. En 1994, un lock-out de plus de 100 jours repoussa le début de la saison à la fin du mois de janvier 1995.