DICTIONNAIRE
DES SPORTS DU
QUÉBEC

Robinson, Jackie

baseball

Né le 31 janvier 1919 à Cairo, en Géorgie. Décédé le 24 octobre 1972. Discipline : baseball. Positions : deuxième but, premier but, troisième but, voltigeur.

Taille : 5’11’’ / 1,80 m
Poids : 195 livres / 88 kg
Lance : droite
Frappe : droite

Jack Roosevelt « Jackie » Robinson, né dans la petite ville de Cairo dans le sud de la Géorgie tout près de la frontière de la Floride, était le plus jeune de cinq enfants de Jerry et Mallie Robinson. Alors qu’il n’a que six mois, son père Jerry abandonna sa famille. Sa mère déménagea sa famille à Pasadena, en Californie, quand Jackie avait 14 mois où elle travailla comme domestique pour parvenir aux besoins de sa famille.

Pendant son adolescence, Jackie s’adonna, avec beaucoup de succès, au baseball, basketball, football et à l’athlétisme. Il excella dans ces sports alors qu’il fréquentait le Muir Technical High School et le Pasadena Junior College attirant l’attention de nombreuses universités américaines. Il choisit l’Université de la Californie à Los Angeles (UCLA) où il continuera de gagner en notoriété.

Malheureusement, Robinson fut contraint d’abandonner ses études à sa dernière année universitaire en raison des problèmes économiques de sa famille. Il accepta le poste d’entraîneur en athlétisme, en plus de jouer au football semi-professionnel avec les Bulldogs de Los Angeles, puis avec les Bears d’Honolulu. Il devint rapidement une attraction aux guichets et un héros de la communauté afro-américaine.

Après l’attaque sur Pearl Harbor et l’engagement américaine dans la Deuxième Guerre mondiale, Robinson est enrôlé dans l’armée américaine en 1942. Après sa libération l’armée, il s’est joint aux Monarchs de Kansas City de la Negro Baseball League lors de la saison 1945.

À cette même époque, Branch Rickey, des Dodgers de Brooklyn, cherchait un joueur de race noire, un pionnier, un athlète talentueux certes, mais également une personne éduquée, disciplinée qui avait l’expérience de la compétition avec et contre les athlètes blancs. Jackie Robinson répondait parfaitement à ces critères.

Le moment semblait propice pour briser la ségrégation raciale dans le baseball majeur, selon Branch Rickey. En novembre 1944, le commissaire du baseball Kenesaw Mountain Landis, qui était perçu contre l’intégration, décédait d’une crise cardiaque. Rickey jugea que c’était le point tournant pour débuter l’intégration des Dodgers.

Le 23 octobre 1945, il fut annoncé que Jackie Robinson avait signé un contrat pour jouer avec les Royaux de Montréal de la Ligue internationale. À cette époque, les Royaux étaient le club école le plus important des Dodgers.

Le 18 avril 1946, les Royaux amorcèrent leur campagne contre les Giants de Jersey City devant une salle comble au stade Roosevelt de Jersey City. Pour ce match historique, Robinson évoluait au deuxième but et frappait au deuxième rang. Le joueur recrue de 27 ans ne déçut personne, obtenant quatre coups sûrs, dont un coup de circuit, marquant quatre points dans une victoire facile des Royaux de 14 à 1.

Lors de la saison 1946, Robinson fut une sensation sur le terrain. Il mena la Ligue internationale pour la moyenne au bâton (.349) et les points marqués (113). Il joua un rôle prépondérant dans les succès des Royaux qui terminèrent au premier rang du classement (avec une avance de 19 ½ matchs) et raflèrent le titre de la petite Série mondiale. Sans compter que la présence de Robinson attira les foules partout dans cette ligue; à domicile les Royaux établirent un nouveau record d’assistance tandis que trois fois plus de gens se déplacèrent dans les autres villes du circuit lors des visites de la formation montréalaise.

L’année suivante, Robinson mérita un poste avec les Dodgers de Brooklyn avec lesquels il évolua pendant 10 saisons de 1947 à 1956. Sa saison inaugurale fut marquée de succès ; il participa à 151 matchs, frappa 175 coups sûrs (dont 12 coups de circuit), marqua 125 points et domina la Ligue nationale avec 29 buts volés. Ce qui lui valut d’être nommé la recrue par excellence en 1947. Pour sa campagne inaugurale, Robinson évolua au premier but (le vétéran Eddie Stanky évoluait au deuxième but), mais il revint à son poste de deuxième but à partir de 1948.

L’impact de Robinson fut aussi significatif au niveau des assistances en 1947. Dans chaque ville du circuit, la plus forte assistance fut lors d’un match des Dodgers (l’exception fut au Crosley Field à Cincinnati où ce le fut lors du premier match sous les réflecteurs).

En 1949, Robinson connut sa campagne la plus productive, avec des sommets en carrière pour les matchs joués (156), coups sûrs (203), points produits (124), buts volés (37) et la moyenne au bâton (.342). Il mena les Dodgers à la participation à la Série mondiale et il fut récompensé avec le titre de joueur le plus utile à son équipe.

Robinson continua son brio lors des saisons 1950 et 1951 alors qu’il conserva des moyennes au bâton de .328 et de .338 respectivement. À chaque année, les Dodgers échappèrent le titre de la Ligue nationale lors du dernier match de la saison.

En 1953, Robinson accepta de céder son poste de deuxième but, qu’il occupait depuis 1948, afin de permettre à un jeune joueur prometteur, Jim Gilliam, de graduer avec les Dodgers. Gilliam, un joueur de race noir, fut sacré le joueur recrue par excellence alors que Robinson continua son excellence à l’offensive lui qui passa son temps entre le champ extérieur et le troisième but.

En 1955, les Dodgers de Brooklyn remportèrent leur premier et unique titre de la Série mondiale. Un résultat qui mit un peu de baume sur une saison difficile sur le plan des statistiques offensives pour Robinson.

Les dernières saisons de Robinson avec les Dodgers furent peu harmonieuses. Il ne s’entendait pas bien avec le nouveau gérant Walter Alston et le propriétaire du club Walter O’Malley. À 37 ans, les performances de Robinson étaient sur le déclin et ses patrons souhaitaient qu’il annonce sa retraite, ce qu’il refusait de faire. Le 13 décembre 1956, les Dodgers l’échangeaient à leurs grands rivaux, le Giants de New York. Plutôt que de se joindre aux Giants, Jackie Robinson accrocha son gant.

En 1962, Jackie Robinson fut intronisé au Temple de la renommée du baseball, alors qu’en 1972, les Dodgers retiraient son chandail, le numéro 42. Cinquante ans après ses débuts avec Brooklyn, son numéro 42 fut retiré par toutes les équipes des ligues majeures.

On ne peut pas uniquement juger de la carrière de Robinson sur des bases statistiques, puisqu’il ne joua que 10 saisons et il n’amorça sa carrière dans le baseball majeur qu’à 28 ans, le privant de plusieurs campagnes productives. Si Babe Ruth a changé la façon dont était joué le baseball, Jackie Robinson a brisé une barrière des plus importantes qui a permis de nombreuses légendes de faire carrière dans ce sport. Son arrivée a mis fin à plus de 60 ans de ségrégation raciale dans le baseball majeur.

Intronisé au Temple de la renommée du baseball (1962) et au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec (2016).


STATISTIQUES EN SAISON

Saison Club Ligue PJ AB P CS 2B 3B CC PP BB RAB BV MOY
1946 Montréal AAA 124 444 113 155 25 8 3 66 92 27 40 .349
1947 Brooklyn LN 151 590 125 175 31 5 12 48 74 36 29 .297
1948 Brooklyn LN 147 574 108 170 38 8 12 85 57 37 22 .296
1949 Brooklyn LN 156 593 122 203 38 12 16 124 86 27 37 .342
1950 Brooklyn LN 144 518 99 170 39 4 14 81 80 24 12 .328
1951 Brooklyn LN 153 548 106 185 33 7 19 88 79 27 25 .338
1952 Brooklyn LN 149 510 104 157 17 3 19 75 106 40 24 .308
1953 Brooklyn LN 136 484 109 159 34 7 12 95 74 30 17 .329
1954 Brooklyn LN 124 386 62 120 22 4 15 59 63 20 7 .311
1955 Brooklyn LN 105 317 51 81 6 2 8 36 61 18 12 .256
1956 Brooklyn LN 117 357 61 98 15 2 10 43 60 32 12 .275
  Totaux AAA 124 444 113 155 25 8 3 66 92 27 40 .349
  Totaux LN 1382 4877 947 1518 273 54 137 734 740 291 197 .311



STATISTIQUES EN SÉRIE MONDIALE

Saison Club Ligue PJ AB P CS 2B 3B CC PP BB RAB BV MOY
1947 Brooklyn LN 7 27 3 7 2 0 0 3 2 4 2 .259
1949 Brooklyn LN 5 16 2 3 1 0 0 2 4 2 0 .188
1952 Brooklyn LN 7 23 4 4 0 0 1 2 7 5 2 .174
1953 Brooklyn LN 6 25 3 8 2 0 0 2 1 0 1 .320
1955 Brooklyn LN 6 22 5 4 1 1 0 1 2 1 1 .182
1956 Brooklyn LN 7 24 5 6 1 0 1 2 5 2 0 .250
  Totaux LN 38 137 22 32 7 1 2 12 21 14 6 .234