DICTIONNAIRE
DES SPORTS DU
QUÉBEC

Québec, Nordiques de

équipes

Équipe de hockey qui évolua dans l’Association mondiale de hockey (AMH) de 1972-1973 à 1978-1979 et qui fit partie de la Ligue nationale de hockey (LNH) de 1979-1980 jusqu’en 1994-1995.

Le 5 mai 1972, un groupe de gens d’affaires de la ville de Québec, mené par Marius Fortier, acquirent la concession de San Francisco de l’AMH pour la somme de 215 000 $. Le 11 octobre 1972, les Nordiques, dirigés par Maurice Richard, s’inclinaient 3-0 à leur premier match contre les Crusaders de Cleveland. La carrière d’entraîneur du Rocket fut de courte durée ; il démissionna après deux parties.

Le premier coup d’éclat des Nordiques fut l’embauche du défenseur Jean-Claude Tremblay en 1972. L’ancien joueur des Canadiens de Montréal apportait une crédibilité instantanée à la nouvelle organisation. Les Nordiques, dont les piliers étaient Tremblay, Michel Parizeau, Alain Caron et André Gaudette, terminèrent leur saison inaugurale avec 71 points et ne purent se classer pour les éliminatoires.

L’année suivante, les Nordiques accueillirent deux autres anciens de la LNH, Réjean Houle et Serge Bernier, mais, encore une fois, ils ratèrent les éliminatoires de justesse. La fortune du club changea en 1974-1975 avec la venue de Marc Tardif. L’équipe pouvait désormais compter sur une attaque dévastatrice. Le trio de Bernier, Houle et Tardif mena les Nordiques au titre de la division canadienne en 1974-1975 et à une participation en finale de la coupe Avco, où ils se butèrent à Gordie Howe et aux Aeros de Houston.

En 1975-1976, le Fleurdelysé continua sur sa lancée, terminant la saison avec 104 points, le troisième plus haut total du circuit. Les Nordiques réussisaient bien grâce à leur offensive, avec cinq marqueurs de plus de 100 points : Marc Tardif (148 points), Réal Cloutier (114), Christian Bordeleau (109), Réjean Houle (103) et Serge Bernier (102). Malheureusement, l’équipe fut éliminée dès la première ronde éliminatoire par les Cowboys de Calgary. Cette année-là, les Nordiques furent achetés par la brasserie Carling-O’Keefe.

L’année suivante, les Nordiques remportèrent le titre de la division de l’Est grâce aux exploits de Réal Cloutier qui fut couronné champion pointeur du circuit. Dans les séries éliminatoires, les Nordiques éliminèrent rapidement les Whalers de la Nouvelle-Angleterre et les Racers d’Indianapolis. En finale, ils furent confrontés aux champions en titre, les Jets de Winnipeg, et à  leurs as marqueurs Anders Hedberg et Ulf Nilsson. La série fut âprement disputée ; Québec l’emportant en sept longues parties.     

Les Nordiques se joignirent officiellement à la Ligue nationale de hockey le 22 juin 1979 et entamèrent leur première saison avec plusieurs vedettes de l’AMH, ce qui laissait entrevoir de belles choses mais le baptême de la LNH fut difficile, l’équipe manquait de profondeur et elle ne se qualifia pas pour les éliminatoires.

En 1980-1981, la direction des Nordiques procéda à trois changements qui transformèrent la fortune du club. Durant l’été de 1980, elle embaucha les frères Peter Stastny et Anton Stastny qui avaient fui la Tchécoslovaquie. Ensuite, Michel Bergeron fut nommé entraîneur et, le 30 janvier 1981, les Nordiques firent l’acquisition du gardien de but Daniel Bouchard. Québec devint dès  lors une formation redoutable. De 1981-1982 à 1985-1986, les partisans retrouvèrent leurs Nordiques d’antan, avec une attaque dévastatrice menée par les trois frères Stastny (Marian arriva en 1981-1982), Michel Goulet, Dale Hunter et Wilfrid Paiement. En 1981-1982, les Nordiques se frottèrent pour la première fois aux Canadiens de Montréal lors des éliminatoires. La série se rendit à la limite et Dale Hunter inscrivit le but victorieux en prolongation. Les Nordiques éliminèrent ensuite Boston, puis furent eux-mêmes éliminés en finale de conférence par les champions de la coupe Stanley, les Islanders de New York. L’avenir s’annonçait très prometteur.

En 1983-1984, Québec connut sa meilleure saison avec 94 points. Les Nordiques éliminèrent Buffalo et trouvèrent encore une fois Montréal sur leur chemin. La rivalité entre les deux équipes était à son paroxysme. Les Canadiens remportèrent la série, qui fut marquée par la fameuse bataille du Vendredi saint. L’année suivante, les Nordiques savourèrent une douce vengeance lorsqu’ils éliminèrent Montréal en sept parties, grâce à un but de Peter Stastny en prolongation, au Forum.

Les Nordiques remportèrent leur premier titre de division en 1985-1986, mais subirent ensuite une élimination rapide contre Hartford. En 1986-1987, ils connurent une saison difficile avec une récolte de 72 points. Au terme de la saison, Michel Bergeron quitta les Nordiques pour se joindre aux Rangers de New York, ce qui marqua  la fin d’une époque à Québec et le début du déclin du club.

Le 30 octobre 1988, la brasserie Carling-O’Keefe vendit les Nordiques à un groupe d’hommes d’affaires ontariens pour 18 millions de dollars. Les nouveaux propriétaires gardèrent l’anonymat, ce qui donna lieu à toutes sortes de rumeurs, dont celle du déménagement de la concession à Hamilton, à Milwaukee ou à Seattle dans un proche avenir.

Mais le président de l’équipe, Marcel Aubut, détenait une carte cachée. Quelques années plus tôt, il avait réussi à obtenir du président de la brasserie Carling-O’Keefe une lettre d’entente l’autorisant à faire dans un délai de 30 jours, une offre d’achat équivalant à toute autre offre.

Marcel Aubut partit à la chasse aux investisseurs québécois tandis que les amateurs de hockey de la Vieille Capitale boycottaient les produits Carling-O’Keefe. Le 2 novembre 1988, devant la réaction des partisans de Québec, la brasserie fit savoir que la transaction avec les investisseurs mystérieux était annulée.

Le 28 novembre, les Nordiques de Québec devenaient la propriété d’investisseurs québécois, Aubut et cinq autres partenaires : Métro-Richelieu, le Fonds de solidarité de la FTQ, Canam-Manac, La Mutuelle de Québec et la papetière Daishowa. Marcel Aubut avaient gagné son pari.

Entre 1987-1988 et 1991-1992, les Nordiques ne se qualifièrent pas pour les éliminatoires. Pire encore, ils terminèrent au dernier rang de la ligue de trois années de suite. En 1989-1990, ils ne récoltèrent que 31 points.  

En 1991, l’équipe repêcha le meilleur joueur junior, Eric Lindros. La direction du club tenta par tous les moyens d’embaucher Lindros, mais celui-ci refusa catégoriquement de jouer à Québec. Les Nordiques se résignèrent donc à l’échanger le 20 juin 1992, mais dans la confusion la plus totale. L’équipe avait conclu deux transactions, l’une avec les Rangers de New York, l’autre avec les Flyers de Philadelphie. Le 30 juin, un arbitre statua que c’était l’échange avec Philadelphie qui était valide.

Cette importante transaction relança les Nordiques. En 1992-1993, ils  récoltèrent 104 points, soit le double de la saison précédente mais, bien qu’ils soient redevenus une formation gagnante, l’avenir du club était plus incertain que jamais.

La nouvelle réalité économique du sport professionnel rendait de plus en plus difficile la survie du hockey de la LNH à Québec. La convention collective ratifiée en janvier 1995, entre la LNH et l’Association des joueurs mettait en péril l’avenir des Nordiques à Québec, parce qu’elle ne prévoyait aucun partage des revenus entre les équipes du circuit. Après l’impasse des négociations avec les instances gouvernementales, les dirigeants du club annoncèrent, le 25 mai 1995, que la concession québécoise avait été vendue au groupe COMSAT Entertainment Group pour 75 millions de dollars en devise américaine et qu’elle serait déménagée à Denver au Colorado pour la saison 1995-1996.

DOSSIER DES NORDIQUES DE QUÉBEC DANS L'AMH

Saison PJ V D N   BP BC Pts     Éliminatoires
1972-73 78 33 40 5   276 313 71     Hors des séries
1973-74 78 38 36 4   306 280 80     Hors des séries
1974-75 78 46 32 0   331 299 92     Finale
1975-76 81 50 27 4   371 316 104     Quarts de finale
1976-77 81 47 31 3   353 295 97     Coupe Avco
1977-78 80 40 37 3   349 347 83     Demi-finales
1978-79 80 41 34 5   288 271 87     Demi-finales


DOSSIER DES NORDIQUES DE QUÉBEC DANS LA LNH

Saison PJ V D N   BP BC Pts     Éliminatoires
1979-80 80 25 44 11   248 313 61     Hors des séries
1980-81 80 30 32 18   314 318 78     Huitièmes de finale
1981-82 80 33 31 16   356 345 82     Finale d'association
1982-83 80 34 34 12   343 336 80     Demi-finales de division
1983-84 80 42 28 10   360 278 94     Finale de division
1984-85 80 41 30 9   323 275 91     Finale d'association
1985-86 80 43 31 6   330 289 92     Demi-finales de division
1986-87 80 31 39 10   267 276 72     Finale de division
1987-88 80 32 43 5   271 306 69     Hors des séries
1988-89 80 27 46 7   269 342 61     Hors des séries
1989-90 80 12 61 7   240 407 31     Hors des séries
1990-91 80 16 50 14   236 354 46     Hors des séries
1991-92 80 20 48 12   255 318 52     Hors des séries
1992-93 84 47 27 10   351 300 104     Demi-finales de division
1993-94 84 34 42 8   277 292 76     Hors des séries
1994-95 48 30 13 5   185 134 65     Quarts de finale d'association