Équipe fondée en 1898, qui évolua dans les ligues mineures du baseball professionnel jusqu’en 1960.
Dès la première année la formation montréalaise remporta le championnat de la ligue Eastern. À l’époque, les Royaux jouaient dans le petit parc Atwater. En 1914, un jeune lanceur du nom de Babe Ruth effectua sa première visite à Montréal dans l’uniforme des Orioles de Baltimore. Quelques semaines plus tard, le Bambino passait au baseball majeur avec les Red Sox de Boston. Les Royaux cessèrent leurs activités en 1916 en raison de la Première Guerre mondiale.
Le baseball revint à Montréal en 1928 lorsque l’homme d’affaires George Stalling acheta la concession de Syracuse et la déménagea à Montréal. Les Royaux emménagèrent alors dans le tout nouveau stade Delorimier, construit expressément pour eux. Les Royaux remportèrent leur partie inaugurale 7 à 4 contre Reading en présence de 22 000 spectateurs ravis.
La crise économique fut désastreuse pour les Royaux et Stalling. L’équipe fut vendue en 1931 à Charles-Émile Trudeau et au légendaire Frank Shaughnessy. Dès ce moment, la fortune des Royaux changea du tout au tout. L’équipe montréalaise devint synonyme de succès et un modèle de gestion à travers le baseball mineur nord-américain.
En 1939, les Royaux conclurent une entente avec Branch Rickey, le directeur-gérant des Dodgers de Brooklyn, qui en faisait leur principal club-école de calibre AAA. Ainsi, les futures vedettes des Dodgers ont effectuèrent un stage à Montréal; les Duke Snider, Don Newcombe et même Tom Lasorda portèrent l’uniforme des Royaux. Mais celui qui marqua à jamais le baseball à Montréal fut Jackie Robinson.
Le 23 octobre 1945, le président des Royaux, Hector Racine, embauchait Jackie Robinson, un joueur de race noire que les Dodgers avaient en haute estime. Branch Rickey jugeait que Montréal était l’endroit idéal pour que le jeune prodige fasse ses classes. Robinson ne déçut personne en 1946, avec une moyenne de .349 et , 113 points marqués. Il fut un rouage important dans la conquête de la petite Série mondiale. Robinson était un héros pour les amateurs de baseball montréalais. L’année suivante, il se joignit aux Dodgers, premier joueur de race noire à briser la barrière raciale.
L’association entre les Royaux et les Dodgers fut très fructueuse, car le club-école accumula les championnats et les succès à la petite Série mondiale. Les Royaux conquirent sept titres de la Ligue internationale (1945, 1946, 1948, 1951, 1952, 1955, 1958) et triomphèrent quatre fois à la petite Série mondiale. L’excellence des Royaux fit courir les foules. De 1947 à 1951, ils attirèrent en moyenne 435 000 spectateurs par saison, une statistique comparable à plusieurs formations du baseball majeur de l’époque.
Quelques joueurs québécois endossèrent l’uniforme de cette équipe, surtout pendant la Deuxième Guerre mondiale, lorsqu’il y avait pénurie de joueurs. Il y eut, entre autres, Jean-Pierre Roy, Roland Gladu et Stan Bréard.
Au terme de la saison 1960, les Dodgers annonçèrent leur intention de mettre fin à leur association avec les Royaux de Montréal. Plusieurs facteurs expliquaient cette décision. Les Dodgers, qui avaient déménagé à Los Angeles, sur la côte ouest, préféraient conserver leurs filiales de calibre AAA basées dans l’État de Washington (Spokane) et dans le Minnesota (St. Paul). La concession montréalaise était également sur le déclin; les assistances avaient considérablement diminué, conséquence du mauvais rendement de l’équipe. De plus, le propriétaire des Dodgers, Walter O’Malley, n’appréciait que la firme Sherburn Investment Corporation, gestionnaire du stade Delorimier, ait augmenté le bail de 60 % pour la saison 1961 et qu’elle ait exigé une entente à long terme avec l’équipe américaine.