Par Patrice Fontaine
La folie gagna Wimbledon en 1919. Pour la première fois des amateurs dormirent aux portent du club ; tous voulaient assister à la finale féminine qui opposait le prodige français Suzanne Lenglen à la plus grande joueuse d’avant-guerre Dorothea Lambert-Chambers. Lenglen fut couronnée pour la première fois.
Les choses tournèrent au vinaigre pour Lenglen en 1926. La championne ne se présenta pas pour un match de simple sur le court central, elle qui avait demandé une modification à l’horaire. L’incident prit de l’ampleur car la reine d’Angleterre était venue expressément pour la voir jouer. Le lendemain les journaux anglais tombèrent à bras raccourcis sur la pauvre Lenglen.
Au cours des années 1920, Bill Tilden goûta aussi à la gloire de Wimbledon. Champion en 1920 et 1921, il conquit le coeur des Londoniens.
Wimbledon devint un événement tellement populaire qu’en 1922 les organisateurs furent contraints de déménager le tournoi à Church Road, le site actuel. Le nouveau central, avec ses 10 000 places assises, fut rapidement le théâtre d’exploits remarquables. La championne à la visière Helen Wills-Moody y fut sacrée à huit reprises en simple. De 1924 à 1929 les Mousquetaires - Cochet, Lacoste et Borotra - dominèrent Wimbledon aussi bien en simple qu’en double.