Par Patrice Fontaine
L’ère du tennis open débuta difficilement aux États-Unis. En 1968 et en 1969 deux tournois furent organisés. Il y avait une compétition réservée aux amateurs et une pour les professionnels. En 1968, Arthur Ashe remporta les deux titres!!! Finalement le U.S Open de 1970 est ouvert à tous. Au milieu des années 1970, la USTF (United States Tennis Federation) constata que le site de Forest Hills ne convenait plus aux besoins du tennis moderne. Alors la USTF achèta des terrains dans la banlieue new-yorkaise pour y construire un complexe de tennis ultramoderne.
Qui dit banlieue, dit havre de paix, donc l’endroit idéal pour l’élite mondiale du tennis. Pas vraiment puisque les cerveaux du tennis américain choisirent le site de l’exposition internationale de New York de 1939 et de 1964, à proximité de l’aéroport La Guardia. Le 28 août 1978, le National Tennis Center fut inauguré par la veuve du musicien Louis Armstrong. La USTF innova avec une nouvelle surface, le ciment et des sessions de tennis jouées en soirée. De 1978 à 1987, trois joueurs s’échangent le titre: Connors, McEnroe et Lendl. Connors demeure le seul joueur à avoir gagné le U.S. Open sur trois surfaces différentes; l’herbe et la terre battue à Forest Hills et le ciment à Flushing Meadows.
Dès 1978, le réseau de télévision CBS s’appropria les droits de retransmission du tournoi. Ce fut la fin du U.S. Open et le début du «CBS Open»! L’horaire du tournoi, surtout le week-end, fut fait en fonction du puissant réseau américain. Ce qui provoqua des situations ridicules comme disputer une demi-finale masculine moins de vingt-quatre heures avant la finale, qui elle débuta après la conclusion du traditionnel match de football à CBS. En 1984, John McEnroe dut lutter jusqu’à 23 heures le samedi pour vaincre Connors et le lendemain il disputa la finale à 16 heures. Les animateurs de CBS aiment dire que le U.S. Open est le tournoi le plus difficile à remporter. Peut-être l’horaire des parties y est-il pour quelque chose ? Le U.S. Open c’est le ciment, l’aéroport La Guardia, les spectateurs bruyants surtout le soir. Voilà un peu ce qui explique les insuccès de plusieurs joueurs à Flushing Meadows, dont Bjorn Borg.