Par Patrice Fontaine
Pour la première compétition en 1891, seul le simple masculin est disputé et J. Biggs est couronné champion de France. Il faut attendre jusqu’en 1897 pour que les femmes soient admises au tournoi. La première championne est Mme C. Masson qui conservera son titre jusqu’en 1899. Par contre le plus bel exploit avant la Grande Guerre est sans contredit les dix victoires consécutives du duo Decugis-Germot. Un record qui semble hors d’atteinte puisque dans le tennis d’aujourd’hui c’est déjà tout un exploit si une équipe demeure intacte pendant une ou deux saisons.
Après une pause bien compréhensible en raison de la guerre, la compétition reprend en 1920. Suzanne Lenglen et les Mousquetaires font leur apparition sur la scène du tennis mondial. C’est l’âge d’or du tennis français.
Suzanne Lenglen, c’est la Divine comme elle fut surnommée. Elle révolutionna le tennis, tout d’abord au niveau de la garde-robe où elle misa sur le confort (elle dévoila le mollet) et sur le plan du jeu où elle apporta une touche de masculinité. Son palmarès parle de lui-même, car de 1920 à 1926 elle gagna six titres en sept ans.
Henri Cochet, René Lacoste, Jean Borotra et Jacques Brugnon, mieux connu sous le sobriquet des Mousquetaires, dominèrent les Internationaux de France au cours des années 1920. De 1924 à 1932, le titre en simple fut toujours gagné par un des Mousquetaires, Henri Cochet étant le plus titré avec quatre championnats. Pour Cochet la beauté du jeu était aussi importante que le résultat, lui qui avait le génie de ne jamais jouer le même coup deux fois de suite.
En 1956 un événement historique est survenu à Roland-Garros quand Athea Gibson devint la première femme noire à remporter un titre du grand chelem. Son histoire est étonnante. Native de Harlem d’une famille peu fortunée, elle s’amusa à frapper des balles avec une raquette artisanale. Cette jeune prodige attira l’attention du jazzman Bunny Walker qui lui acheta sa première vraie raquette. À partir de ce moment rien n’allait l’arrêter.
Après la Deuxième Guerre mondiale, la terre battue parisienne sourit aux joueurs anglo-saxons. Les champions américains, mais surtout australiens se succédèrent à un rythme fou. Le tout commença avec Ken Rosewall en 1953, puis ensuite les Australiens s’échangèrent le titre, l’échappant à deux reprises à l’Espagnol Manuel Santana.