Par Patrice Fontaine
Le 19 juin, à Paris, l'Italie conserve son titre de champion du monde en défaisant la puissante formation hongroise. C'est une victoire plus convaincante qu'en 1934, l'équipe italienne jouant un jeu plus moderne et plus dynamique que ses adversaires.
Le tournoi a encore sa part de controverse. À la suite de l'anschluss, l'équipe allemande intègre les meilleurs éléments de l'Autriche. Justice est faite lorsque la Suisse élimine l'Allemagne en huitièmes de finale.
Les organisateurs du tournoi ne veulent rien savoir de l'anschluss et opposent l'Autriche, qui s'est qualifié pour le tournoi, à la Suède. Comme l'équipe autrichienne n'existe plus, la Suède gagne par défaut.
C'est lors de cette Coupe du Monde que le Brésil s'impose pour la première fois comme une puissance. Mené par le génial attaquant Leonidas, le Brésil fait son chemin jusqu'en demi-finale, où l'Italie l'arrête.
Le Brésil est impliqué dans le plus beau et le pire moment de ce tournoi. L'affrontement contre la Pologne est un classique. Le Brésil l'emporte en prolongation grâce à leurs habilités individuelles, aux changements de rythme et aux quatre buts de Leonidas.
Le match de quart de finale Brésil-Tchécoslovaquie est d'une rare violence. De nombreux joueurs ont subi de graves blessures et trois joueurs sont expulsés. Comble de l'ironie, la partie doit être rejouée, car l'égalité persiste après la prolongation. Lors de la reprise les esprits sont plus calmes et le Brésil l'emporte.
Quinze mois après le succès italien, la Deuxième Guerre mondiale éclate et la Coupe du Monde disparaît pour douze ans.