Par Patrice Fontaine
Avec la Révolution sandiniste de juillet 1979, la structure du baseball fut transformée étant organisé en ligues communautaires. Un championnat national fut mis en branle avec huit équipes, dont sept regroupaient des travailleurs d'usines et une autre appartenait à l'armée.
Les joueurs travaillaient habituellement jusqu'à 15h00, puis pratiquaient jusqu'à 18h00, mais ils étaient payés pour avoir travaillé jusqu'à 18h00. Une façon de contourner le professionnalisme.
Les Sandinistes copièrent le modèle cubain pour ce qui est de l'organisation du sport. Le sport est un droit du peuple. Alors le baseball servait à promouvoir la santé et le développement personnel.
Il est intéressant de noter qu'avant toutes les rencontres de baseball du championnat, on faisait jouer l'hymne des Marines Corps, mais en prenant soin de modifier les paroles. On agissait de la sorte afin de rappeler les deux occupations américaines qui apportèrent le baseball.
La fascination qu'exerce le baseball majeur demeurait toujours aussi grande. Sous le régime sandiniste, les Nicaraguayens évoluant aux États-Unis étaient suivis religieusement par la presse locale. Des joueurs comme Dennis Martinez, David Green (dont le père Eduardo est un martyr sandiniste), Al Williams et Porfi Altamirano étaient aussi populaires que les martyrs et les héros de la Révolution.
Même le journal sandiniste Barricada croyait que l'on pouvait admirer les baseballeurs professionnels américains, si on le fait par amour pour le sport. Son rival, La Prensa faisait une couverture du baseball comparable à un quotidien nord-américain, avec beaucoup d'informations et de statistiques.