Par Patrice Fontaine
Le baseball se développa sur les plantations de canne à sucre et les raffineries à la suite de la mort du baseball professionnel sur l'île.
Au cours des années 1940, les meilleurs baseballeurs vinrent des plantations de canne à sucre de San Pedro de Macoris. Les témoins de l'époque affirmèrent que les jeunes étaient pauvres, qu'ils étaient enthousiastes et voulaient faire carrière au baseball. Cinquante ans plus tard, c'est encore vrai.
Le cas d'Austin Jacobo, qui implanta le baseball sur sa raffinerie de Consuelo, est typique. Pour lui, cela servirait de divertissement pour ses travailleurs. Pour les pauvres, le seul travail était de couper la canne à sucre. Mais il y a une période de l'année sur une plantation où la canne est toute coupée et que la main-d'oeuvre demeure inactive. Alors tous les hommes jouaient au baseball pendant la saison morte de la canne à sucre.
Même les Américains participaient aux rencontres. Comme les raffineries appartennaient à des compagnies américaines, il n'est pas rare de voir certains dirigeants jouer quelques parties afin de défendre l'honneur de l'entreprise.
Les rencontres de baseball entre les différentes raffineries étaient plus importantes que la Série mondiale. Ces rencontres étaient le seul divertissement des humbles travailleurs, le cinéma n'étant pas accessible pour eux.
Depuis la mise à mort de la ligue professionnelle, le baseball dominicain était sur la pente descendante. Mais un événement le relança pour toujours. En 1944, l'équipe nationale de la République Dominicaine accepta de rencontrer la formation cubaine pour une série de sept matchs. Les Dominicains réussirent l'impossible, soit gagner la série, cinq victoires contre deux et ainsi redonner vie au baseball, mais aussi faire découvrir leurs joueurs aux équipes professionnelles des États-Unis.