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3. Le baseball à la sauce japonaise

Par Patrice Fontaine

Si pour les joueurs américains le baseball est un travail, pour les joueurs nippons c’est un façon de vivre. L’entraînement est la religion du baseballeur japonais. Le camp d’entraînement débute à la mi-janvier (un mois plus tôt que leurs collègues américains même la saison commence au même moment) pour tous les joueurs. Ils s’entraînent pendant sept heures quotidiennement, ont des séances de stratégies le soir et logent dans des dortoirs. Comme vous pouvez le constater, les joueurs japonais ne bénéficient pas de la même contrat de travail que leurs confrères du baseball majeur. Et les joueurs nippons aiment ça ainsi. Des revendications pour avoir de meilleurs condition de travail, ça pourrait perturber l’esprit d’équipe (le wa, nous y reviendrons plus loin).

La pratique d’avant match est sacrée. Elle est aussi importante que la partie et presque aussi longue puisque elle dure près de trois heures. On pratique avec intensité pour montrer à l’adversaire, aux journalistes et aux partisans que l’on est prêt à se défoncer pour l’équipe.

Le fanatisme de l’entraînement provoque des situations inusitées. Si la pluie annule la période réchauffement, mais qu’à l’heure du match il fait beau, la rencontre est tout de même reportée. Il serait inconcevable de joueur sans avoir pratiqué.

Le style de baseball est très méthodique. L’amorti sacrifice est l’arme favorite du gérant, même en première manche. Les comptes complets sont nombreux, puisque les lanceurs défient rarement les frappeurs, ils cherchent plutôt à le déjouer. Ceci enrage les Américains qui voient peu de tirs de qualité.

Une seule chose peut être aussi satisfaisante que la victoire et c’est le «wa». C’est un mot qui signifie discipline, harmonie, respect et esprit d’équipe. Rien ne doit perturber le «wa».

C’est surtout le gaijin (joueur étranger) qui est le plus susceptible de nuire au «wa». Le joueur américain, peu habitué à cette philosophie du baseball, a souvent l’impression d’être sur une autre planète. Ils acceptent difficilement que les gérants japonais tentent de faire du baseball une science exacte.

Les difficultés d’adaptation et l’attitude différente des joueurs américains ont fait en sorte que les dirigeants japonais ont crée dix commandements que doivent obéir tous les gaijins pour réussir et être acceptés :

1. Obéir aux ordres de son gérants.
2. Ne pas critiquer les décisions de son gérant
3. Prendre soin de son uniforme.
4. Ne pas crier dans l’abri des joueurs et ne pas détruire d’objets dans le vestiaire.
5. Ne pas dévoiler les stratégies aux autres joueurs étrangers.
6. Ne pas taquiner ses coéquipiers.
7. En cas de blessure, suivre les directives de l’équipe.
8. Être ponctuel.
9. Ne pas quitter l’équipe pour retourner dans son pays au cours de la saison.
10. Ne pas perturber l’harmonie de l’équipe.

Pour les Américains, le baseball au Japon est une épreuve. Il est difficile pour eux d’oublier la notion d’individualité présente dans le baseball majeur et se fondre à l’équipe. Les Japonais exigent beaucoup des joueurs yankees, estimant qu’ils doivent être les piliers de l’équipe. Le Japon n’est peut être pas l’endroit rêvé pour un joueur en fin de carrière ayant goûté aux charmes du baseball majeur. Les dirigeants japonais l’ont compris et de plus en plus ils recrutent de jeunes joueurs, pas seulement américains, mais aussi des dominicains et des vedettes de T’ai-Wan.

- FIN -

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