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Ce que cache les surnoms des équipes

Par Patrice Fontaine

Les surnoms sont souvent le reflet de l’équipe et de la ville qu’ils représentent. Habituellement ils sont bons (Steelers, Vikings...), parfois géniaux (Rams), mais il arrive que certains surnoms n’aient en commun avec leurs villes (Flames, Dodgers, Lakers...).

Généralement les surnoms caractérisent une ville ou une région, que ce soit d’une façon historique, géographique ou en rappelant un élément de fierté d’une communauté. Ainsi, Pittsburgh, jadis la ville de l’acier, a ses Steelers, le Minnesota, terre d’accueil de nombreux immigrants d’origine scandinave, a ses Vikings, tandis que Montréal a honoré son exposition universelle de 1967 avec ses Expos.

Plusieurs équipes utilisent des surnoms à saveur animale, se donnant ainsi un sentiment de pouvoir et d’intimidation : Bears, Lions, Sharks, Panthers... D’autres formations, comme les Cardinals de Saint Louis ou les Blue Jays de Toronto font référence à un animal vivant dans la région.

Certains surnoms ne sont pas du tout représentatifs, surtout lorsqu’une équipe est relocalisée dans une autre ville. Les Flames de Calgary, ça sonne faux. Quand l’équipe jouait à Atlanta, cela rappelait la mise à sac de la ville par les hommes du général Sherman qui l’ont incendié en 1863. Le basketball nous offre deux exemples du genre : le Jazz de l’Utah et les Lakers de Los Angeles. Alors que le Jazz évoluait à La Nouvelle-Orléans le nom était très représentatif de la communauté, mais maintenant que le club est basé à Salt Lake City ça tombe dans le ridicule. Combien de musiciens de jazz mormons connaissez-vous ? Les Lakers de Minneapolis, rien de plus normal, il y a autant de lacs au Minnesota que de nids de poule sur les routes du Québec. Par contre, cela décrit très mal Los Angeles.

À Brooklyn, le surnom Dodgers (originalement c’était les Trolley Dodgers ce qui veut dire littéralement éviter les tramways) avait sa raison d’être puisque les partisans devaient constamment esquiver les tramways pour se rendre au Ebbet’s Field. Voilà aussi un surnom qui colle mal à Los Angeles, quoique aujourd’hui les fans des Dodgers doivent éviter de nombreuses balles de pistolet perdues sur les autoroutes californiennes pour arriver au Dodger Stadium.

Le phénomène des surnoms va encore plus loin. Une équipe peut hériter d’autres sobriquets. À Montréal, les Canadiens sont aussi appellés Saint-Flanelle, le Tricolore, les Glorieux et les Habs. Les Yankees sont les Bronx Bommers, les Raiders d’Oakland deviennent le Silver and Black, les Pirates de Pittsburgh sont les Bucs et les Rangers de New York sont synonymes de Blue Shirts. Le succès, le respect et tradition apportent ce privilège ; la médiocrité engendre la dérision, rappelez-vous les No Stars du Minnesota ou les Nordindes de Québec.

Les équipes nationales sont également identifiés par un surnom. Les noms de Dream Team (États-Unis), Squadra Azzura (Italie), Bleus (France), All-Blacks (rugbymen néo-zélandais) sont connus des sportifs du monde entier.

Maintenant on choisit un surnom en fonction de ses possibilités sur le plan marketing. Ainsi Toronto a ses Raptors (équipe qui a vu le jour au moment de la folie des dinosaures causée par le film Parc Jurassique), Albany (État de New York) a une équipe de la Ligue américaine de hockey nommée River Rats et il y a eu longtemps les Mighty Ducks d’Anaheim, club fondé par les gens de Disney.

ORIGINE DE QUELQUES SURNOMS:

Lions de la Colombie-Britannique : fait référence au mont Lions qui domine la ville de Vancouver

Rockies du Colorado : fait référence aux montagnes Rocheuses.

Nuggets de Denver : le mot nugget (pépite en français) rappele que l’activité minière fut à la base du peuplement du Colorado et de la ville de Denver.

Pistons de Detroit : relatif à l’industrie automobile.

Red Wings de Detroit : relatif à l’industrie automobile.

Oilers d’Edmonton : fait référence à l’industrie pétrolière de l’Alberta.

Astros et Rockets de Houston : rappellent que Houston est un important centre spatial.

Pacers d’Indianapolis : en référence aux 500 Milles d’Indianapolis, terme signifiant l’allure donnée à une course par le meneur.

Rams de Saint Louis : aucune signification particulière avec cette ville, mais le surnom de “béliers” convient admirablement bien au football (remarquer la similitude avec les combats de béliers et les affrontements entre les joueurs de lignes). Un surnom qui convient très bien à cette concession qui évolue dans une troisième ville (après Cleveland et Los Angeles).

Brewers de Milwaukee : ville où l’industrie des brasseries est importante.

Twins du Minnesota : l’équipe évolue dans la région de Minneapolis - Saint Paul, surnommé les villes jumelles.

Vikings du Minnesota : de nombreux immigrants scandinaves se sont établis dans le Minnesota.

Expos de Montréal : commémore l’exposition universelle de 1967.

Devils du New Jersey : la légende veut qu’il y ait des diables aux New Jersey.

Islanders de New York : l’équipe est basée à Long Island, d’où le surnom des “insulaires”.

Knickbockers de New York : le terme signifie culotte ample, comme celle que porte les joueurs de basketball. L’équipe est maintenant connue sous le nom de Knicks

Yankees de New York : sobriquet donné aux habitants du nord des États-Unis.

Magic d’Orlando : Disneyworld est situé à Orlando.

Eagles de Philadelphie : honore l’emblème des États-Unis, la pygargue ou aigle à queue blanche.

76ers de Philadelphie : 1776 est l’année de la Déclaration d’Indépendance proclammée dans cette ville

Steelers de Pittsburgh : Pittsburgh est la ville de l’acier.

Cardinals de Saint Louis : référence à un oiseau au plumage rouge et au bec noir qui vit dans le centre et le sud des États-Unis.

49ers de San Francisco : 1849 est l’année où cette ville connue une croissance fulgurante suite à la ruée vers l’or.

Canucks de Vancouver : surnom des Canadiens, longtemps utilisé pour désigner les Canadiens français.